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La demeure et son histoire

Un peu d'histoire...

Un peu à l’écart du bourg, le vaste ensemble de la Platerye s’enfermait dans une enceinte protégée à l’angle sud-ouest par une tour cylindrique qui subsiste à cent mètres du manoir.
Le portail d’entrée et la porte piétonne sont percés en retrait dans le mur bordant la route qui réunit deux pavillons.
L’un  deux abrite une chapelle voûtée sur lambris qui était sous le vocable de Saint Laurent. Signalée dès 1669, elle fut à nouveau bénite le 6 janvier 1753 par Mgr Germain Chateigner de la Chateigneraye, aumônier de l’abbé commendataire de Bourgueil, ce qui indique peut-être une reconstruction à cette époque.
Depuis  2009 cette chapelle a été doucement restaurée et toujours consacrée ; les baptêmes de Louise et Edouard DUGUET, enfants des actuels propriétaires Sophie et François DUGUET ont été célébrés le dimanche 02 septembre 2012 en cette chapelle Saint Laurent,  par le Père Rémy SOUBRIER de Bourgueil.
Le logis central, qui se développe entre deux pavillons à fronton triangulaire, est percé d'une porte en cintre surmontée d'un fronton courbe. Ce logis a été prolongé au XVIIIème siècle de deux ailes basses, à l'est et à l'ouest.
 
Plus loin, une tour cylindrique était la tour d'angle sud-ouest de protection de l'enceinte du parc.
La façade du corps du logis, très classique, d’une rigoureuse symétrie, a été élevée au XVIIéme siècle. Il présente au centre un avant-corps en très légère saillie et à fronton courbe, avec une porte fenêtre munie d’un balcon en fer forgé au-dessus de l’entrée en plein cintre qui a gardé ses ferrures d’origine.
 
Deux ailes à tympan triangulaire et chaînage d’angle, s’avancent à chaque extrémité. Toutes les ouvertures à linteau cintré ont des huisseries à petits carreaux. Un bandeau plat court au niveau des allèges et de chaque  côté, le toit est percé d’une lucarne à ailerons. Au XVIIIéme siécle, la maison fut agrandie au couchant et au levant par deux ailes comportant seulement un rez de chaussée et un comble à la Mansard.
Dans leur prolongement, la cuisine actuelle avec sa cheminée à hotte serait le vestige d’une construction plus ancienne du XVIéme siécle.
A l’intérieur l’escalier est à rampes droite inégales, l’avant-dernière travée conduisant au grenier est couverte d’une voûte de pierres de taille.
La façade donnant sur la cour intérieure est flanquée de deux tours quadrangulaires dont le seul ornement est une petite lucarne circulaire.
Au nord, s’alignent les communs d’époques différentes.
La partie le plus remarquables est une orangerie du XVIIIéme siècle avec trois arcades en plein cintre appareillées en bossage et un toit mansardé avec un fronton triangulaire. Elle est comprise dans l’arrêté du 20 avril 1971 qui a inscrit cette maison remarquable à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques.
Un escalier intérieur  à vis, témoin probable de l’édifice primitif, permet d’accéder à une magnifique cave voûtée. Une autre située sous une dépendance se prolonge par une galerie souterraine passant sous la route en direction de bourg, jusqu’au presbytère, datant de la même époque. Des éboulement la rendent aujourd’hui impraticable.
La Platterie qui relevait de la baronnie de Saint Michel sur Loire, était un fief qui, sur le rôle de 1639, est indiqué sur la paroisse de « Benays » pour un revenu annuel de 10 livres. Il appartenait dès la fin du XVIème siècle à la famille de Lesme. Florent de Lesme , seigneur de la « Platerye » est parrain à Restigné le 16 mai 1589, sa femme, françoise de Housseault, est marraine le 24 février 1593.
 
 
Demoiselle Aymée Darmoyen remplit la même fonction le 16 juin 1602; elle est dite alors « épouse de noble homme René de Lesme, syeur de la Platerye ». Devenue veuve, elle se remaria avec Mathieu de Guiot « sieur de Montegeu » le 25 aout 1617.
Il y avait à Restigné au Moyen age, une viguerie appelée plus tard « la mairie de Restigné » que Pierre de Lesme possède en 1637-1639-1643. Il s’était uni en 1623 avec Aimée, fille de Jules de Quétier, écuyer, seigneur de Lerbillière en la paroisse de « Saint Cyre du Gost en Touraine » (Loir-et-Cher). Il vivait encore le 20 février 1651 et avait eu plusieurs enfants dont Jules baptisé le 30 novembre 1625.
Cependant, dans la seconde moitié du XVIIme siècle, le fief changea de possesseur. En effet, un acte du 5 mars 1669 est ainsi conçu : »Mariage dans la chapelle Saint Laurent de La Platerye par noble et discret Mgr  Guillaume Guesdier, prêtre, chanoine et sous-doyen de Saint Martin de Tours, seigneur de la Platerye, la Philberdière, oncle de l’épouse, de François de Montplacé, écuyer, seigneur du dit lieu, paroisse de Bourg, avec demoiselle Marie, fille de rené Guéniveau, conseiller du roi, élu, l’élection d’Angers et de Françoise Guesdier ». C’est cette alliance, qui explique que la famille de Montplacé ait eu le domaine par la suite.
En 1750, un nouveau seigneur de la Platerye apparaît dans les registres. Le 20 aoùt de cette année on célébra le baptême d’Augustin Clément fils d’André Berthelot, seigneur de "La Platterie" et d’Angélique Sourdeau de Beauregard qui mourut en 1780. Ce sont eux qui firent bénir à nouveau le chapelle le 6 janvier 1753. Leurs fils André Berthelot de Villeneuve est dit mousquetaire noir dans la maison du roi en 1749, puis ancien officier au régiment d’Auvergne en 1776. Il épousa en premières noces Marie Pétronille de Gargan dont il eut au moins un fils, Théodore François, né en 1776, puis Angélique Louise de la rue Ducan de Champchevrier. Le 27 janvier 1782, on enterra un enfant né de cette union qui fut simplement ondoyé. André Berthelot comparut en personne à l’assemblée électorale de la noblesse de Touraine en 1789 en tant que seigneur de Vauricher, mais fut également représenté à l’assemblée de l’Anjou à la même époque.
 
 
Théodore François fut maire de Restigné en 1801,1807 et 1812. Philippe Berthelot démembra la propriété en 1858 et le château fut vendu à une famille dont les descendants le léguèrent aux « Orphelins d’Auteuil » qui l’utilisèrent de 1935 à 1956.
Après deux nouvelles mutations, "La Platterie" fut acquise jusqu ‘en 2004 par la famille Baubeau qui remit la maison en valeur.
La rénovation du  Château de la Platerye  , appelé aujourd’hui  Manoir de Restigné est  en cours orchestré par les propriétaires actuels,  Sophie et François Duguet.
Cette demeure seigneuriale après une rénovation de 11 mois est  exploitée depuis juillet 2006, en demeure de luxe.
Ce domaine privé  également ouvert à la visite, propose ainsi au public et aux touristes les extérieurs, la chapelle, les jardins et les vignes …